Extraits des articles de presse suite à la publication en France de Karl et Rosa (4ème tome de Novembre 1918)

Posted by: on May 24, 2010

L’Humanité du 21 février 2009

Signé Jean-Numa Ducange

« Berlin 1918, la sombre destinée d’une révolution perdue avant la bataille ».

« …L’imposant Karl et Rosa…offre un tableau saisissant d’une révolution allemande dont Döblin a été le témoin à Berlin….Le récit se compose d’allers et retours entre les acteurs de l’époque….Allemands anonymes au cœur des secousses révolutionnaires. C’est le portrait au quotidien d’une révolution, parfois rue par rue….Scènes réelles donc…scènes de vécus quotidiens…L’évocation de Karl et Rosa est sans complaisance…Döblin interroge et se situe à distance de la martyrologie de deux leaders spartakistes….Le glissement progressif du roman vers le religieux, écho de la conversion de l’écrivain au catholicisme aux heures les plus noires de la Seconde Guerre mondiale, surprendra peut être encore. Mais l’intérêt d’une contre-expertise d’historien sur des points précis serait un bien faible argument à l’égard de ce roman historique sans égal qui pose, au travers d’un récit alerte et vivant, les questions cruciales de l’échec d’ « une révolution allemande ».

———————-

Sur Karl & Rosa

Lire de Janvier 2009

Signé Jean Blain

« Le vagabond ressuscité »

« …..Döblin a recours au roman historique pour se réapproprier l’histoire et essayer de comprendre comment en a pu en arriver là,  il ne s’agit cependant pas, pour lui, de décrire en historien l’enchainement des événements, ni d’en analyser les causes….Döblin ne cache pas que sa sympathie va au vaincus de l’histoire et, il exerce son ironie mordante à l’égard des chefs de la social-démocratie…..La révolution elle-même ressemble à une parodie, lorsque les marins, fer de lance de l’insurrection, réclament le paiement de leur solde, afin de pouvoir fêter Noël – ce que le narrateur commente en ces termes : «Ces marins, étant de Kiel, étaient par définition des révolutionnaires. Mais comme c’étaient aussi des Allemands, ils étaient aussi non-révolutionnaires »……Gageons que Karl et Rosa –servi par une traduction remarquable- contribuera à rendre, chez nous, à Döblin la place qu’il mérite… ».

———————

Sur Karl & Rosa

A contretemps de janvier 2009

Signé Victor Keiner

« …..Döblin, dont la technique narrative tient beaucoup du collage et de la polyphonie, ne privilégie aucun point de vue particulier…..Ce Karl & Rosa s’impose comme un livre immense, qu’il faut assurément lire et faire lire… ».

_______________

Sur Karl & Rosa

Les Lettres françaises du 6 décembre 2008

Signé Michel Vanoosthuyse

« Alfred Döblin, un géant à découvrir ».

« …Dans ce roman écrit dans les conditions désastreuse et désespérante de l’exil, Döblin cherche à comprendre « comment tout est arrivé », et à localiser « le ventre d’où cela est sorti »….L’intuition initiale, c’est que Hitler ne fait qu’accomplir ce que la répression féroce de janvier 1919 (avec l’assassinat des deux chefs spartakistes) a laissé inachevé. Montrer comment le nazisme a été possible en Allemagne passe alors par une plongée dans ces deux mois de novembre 1918 à janvier 1919…..Novembre 1918 est donc d’abord une prodigieuse confrontation avec la politique allemande et mondiale de l’époque, appuyée sur un immense savoir…. ».

————————–

Sur Karl & Rosa

Frankfurter allgemeine du 23 novembre 2008

Signé Eberhard Rathgeb

« Penser la vie radicalement autrement

(Ce livre est une exception, et pas seulement dans la littérature allemande. Un chef-d’œuvre de la littérature engagée) ».

« ….Il est difficile de trouver par le biais de la théorie un accès à l’histoire qui nous plonge dans les évènements. L’accès privilégié est la révolution….Le meilleur livre sur la révolution est d’Alfred Döblin. Il s’appelle Novembre 1918 et a été écrit en exil. ….Il assemble superbement faits, fictions, évènements, vécu, histoire, philosophie de l’histoire, politique, poésie, analyses et drames, monde vécu et conception de la vie….Grâce au regard de Döblin, qui englobe une réalité morcelée mais singulière, ce roman livre une dernière vue d’ensemble. Rien ne lui échappe dans cette réunion de l’historique et de l’humain…Pas de dogme, pas de doctrine, rien qui évoque des affirmations creuses, des principes vides, des pamphlets verbeux ou des conflits littéraires….Pas un historien n’a réussi à faire que ce que fait ce roman…. ».

———————

Sur Kartl & Rosa

Die Welt du 22 novembre 2008

Signé Hermann Kurzke

« Il est une mauvaise herbe qui s’appelle Moi ».

« ….Le mois de novembre 1918 – qui a vu la fin de la guerre, l’abdication de l’empereur Guillaume II et une révolution hésitante – est pour Döblin la catastrophe préliminaire du XX° siècle….Novembre 1918 est une conséquence d’août 1914. La révolution ne fut pas une initiative prise en toute liberté mais un fruit der la défaite….Ce n’est pas la pensée politique qui fait la force du roman mais les capacités littéraires du vieux maître, qui résident essentiellement dans l’observation à la loupe de ses personnages, grands et petits….Entre deux passages plutôt arides se dissimulent souvent des perles de narration. Le lecteur est comme une sonde à tête chercheuse errant dans une panse farcie….Observe-t-il cette épopée, ce fleuve, des hauteurs de l’histoire et de la littérature, il tremblera sous le vent glacial de l’indifférence. Mais s’il s’approche suffisamment, il se réchauffe, la chaleur l’aveugle, il ne voit plus rien, il est en pleine empathie. Döblin le place de force sur le lieu de l’action, anéantissant toute distance…. »

Leave a Reply