Extraits des articles de presse suite à la publication en France de la nouvelle traduction de “Berlin Alexanderplatz” par Olivier Le Lay

Posted by: on May 5, 2010

La Croix du 20 août 2009
Signé Patrick Kéchichian

« Dans le flot tumultueux de la grande cité. »

« …Vers le milieu de Berlin Alexanderplatz, Alfred Döblin affirme qu’ « il n’y a vraiment pas grand-chose à raconter sur Franz Biberkopf … » Etrange, ironique aveu pour l’auteur de ce roman océanique et grouillant comme la ville qui en est le théâtre, et plus encore l’âme. Car Franz Biberkopf même s’il n’apparait que dans le sous-titre du livre, est bien au centre de cette vaste scène urbaine et même humaine, elle-même symbolisée par le carrefour qu’est l’Alexanderplatz…….

Chronique d’une vie et d’une ville, Berlin Alexanderplatz est un livre immense, tumultueux, d’un humanisme sans complaisance….. ».

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Le Monde du 5 août 2009
Signé Josyane Savigneau

«  1929 – Les vestiges de Berlin, chronique du désastre annoncé »

« …Quand Alfred Döblin publie Berlin Alexanderplatz , en 1929, il a 51 ans. Ce médecin neurologue des quartiers populaires de Berlin, né en 1878 dans une famille juive de Stettin – il se convertira au catholicisme après la seconde guerre mondiale – vient d’écrire un chef d’œuvre de la littérature. Au point que ce livre a occulté le reste de son œuvre, pourtant considérable, notamment les 2 000 pages, en quatre tomes, de Novembre 1918, une révolution allemande….

…C’est une épopée populaire à l’étrange lyrisme. Le roman d’une ville dont on sent qu’elle va engloutir tous les faibles. La situation économique est catastrophique et un ex-détenu n’a guère de chance de trouver son chemin….

…En 1938, quand Borges célèbre Döblin, le comparant à Joyce, il explique qu’il « est l’écrivain le plus versatile de notre temps » et que « chacun de ses livres est un monde à part ». Berlin Alexanderplatz est en effet l’histoire d’un monde à part, mais aussi le livre qui laisse entrevoir la menace d’un cataclysme…. ».

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Le Monde- La république des livres- du 27 août 2008
Signé Pierre Assouline

« …..Voilà Berlin Alexanderplatz, livre dont l’onde de choc fut si durable qu’elle éclipsa injustement le reste de l’œuvre de son auteur……..Roman picaresque, épique, baroque, romantique, fruit de toutes ces traditions littéraires mêlées, dont la ville est le personnage principal tant et si bien qu’on a pu dire de son auteur qu’il avait fait entrer la rue et son ambiance dans le roman moderne. Il est vrai qu’on ne voit et qu’on n’entend qu’elle, grouillante, vociférante, effrayante, bruyante….. ».

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L’Express du 13 août 2009
Signé Baptiste Liger

« Berlin, le mot juste.

La nouvelle et brillante traduction de Berlin Alexanderplatz donne une épaisseur au chef-d’œuvre crépusculaire d’Alfred Döblin.

A sa parution en Allemagne, en 1929, Berlin Alexanderplatz s’est immédiatement imposé somme une œuvre essentielle de la littérature germanique….La nouvelle traduction, d’Olivier Le Lay tombe à point pour réhabiliter la descente aux enfers du taciturne Franz Biberkopf….. ».

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L’Humanité du 5 septembre 2009
Signé Michel Vanoosthuyse

« Berlin Alexanderplatz de Döblin enfin traduit !

La parution de Berlin Alexanderplatz fut l’évènement littéraire de l’année 1929 en Allemagne, au point que ce roman a éclipsé l’œuvre antérieur et ultérieur de l’auteur, Alfred Döblin, à son grand dam. Ce fut d’abord un succès de scandale : pour la première fois, le roman allemand ordinairement écrit avec tenue pour le public bourgeois et « comme attribut des gens chics » (dixit Döblin), s’ouvrait non seulement au monde du sous-prolétariat et des voyous de l’immense métropole moderne, mais il accueillait aussi tous ses langages…..C’était toute la rhétorique contemporaine qui débarquait du montage et du collage, ainsi que par l’exploitation du « courant de conscience « , fait de Döblin l’un des plus grands représentants de la modernité romanesque, à côté de ses contemporains Joyce et Dos Passos…. »

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La Quinzaine Littéraire du 1er au 15 juin 2009.
Signé Georges-Arthur Goldschmidt

Berlin Alexanderplatz

« Cette ville de déjà plus de quatre millions d’habitants est parcourue de tensions multiples. Le chômage a atteint un seuil tel que la misère est perceptible dans tous les quartiers de la ville. Celle-ci est le siège d’une énergie d’une intensité constante aux visages innombrables et qui éclate à la moindre occasion. Toutes les classes s’y rencontrent et s’y heurtent et la ville est le théâtre d’affrontements politiques de plus en plus violents. C’est l’univers de ce roman, extraordinaire exemple de simultanéisme, de diversité, d’existences manquées, de détresses traînées de jour en jour auxquelles Alfred Döblin donne une véracité saisissante….. »

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Magazine Littéraire de juin 2009
Signé Lionel Richard

Berlin Alexanderplatz

« ….. « Berlin place Alexandre » est un roman de mots sur les mots, incitant à échapper à toute soumission langagière, laquelle n’est qu’abdication de la pensée, de tout sens critique. Döblin allait jusqu’à prétendre qu’il n’avait pas écrit ce livre, mais que celui-ci « s’était écrit » de lui-même. Döblin irrigue son roman d’emprunts de toutes sortes : extraits de la Bible, rengaines, citations littéraires, coupures de presse…… ».

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Libération du 11 juin 2009
Signé Philippe Lançon

« Ich bin ein Döbliner »

« ….Berlin Alexanderplatz est un livre lyrique, mais d’un lyrisme réaliste, saisissant l’homme en sa misère par la peau sans le lâcher ; le contraire d’un livre de compassion chic et bourgeois. Difficile à avaler, à digérer. Mais comique, puissant, nourrissant. On y entre comme dans un tramway berlinois. On peut en descendre, le prendre au chapitre suivant : le bruit, les corps, les odeurs, la ville et le chauffeur sont toujours là…… ».

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Zoom de juillet-août 2009
Signé Sophie Deltin

« …Gens de Döblin, la nouvelle traduction de Berlin Alexanderplatz, un travail époustouflant à la démesure du chef-d’œuvre d’Alfred Döblin…..Grandiose épopée de la chute de l’homme dans sa condition moderne. Berlin Alexanderplatz est aussi l’odyssée métaphysique d’une conscience vers son repentir, lequel seulement peut redresser celui qui a été brisé, à hauteur de son esprit…… ».

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Les Echos du 11août 2009
Signé Guillaume Maujean

« ….Ce roman, devenu un classique de la littérature allemande connut un grand succès dès sa parution en 1929….Berlin Alexanderplatz est un récit épique, à la manière de l’ « Ulysse » de Joyce. Mais un récit qui avance d’un « pas claudiquant » comme l’explique (le traducteur) Olivier Le Lay dans son avant-propos. Döblin insère dans la narration des citations de Goethe ou de Kleist, des chansons de cabaret, des passages de la Bible, des extraits de journaux et des slogans publicitaires. C’est un roman mégaphone, comme le résumait bien le critique Walter Benjamin. …..Les dialogues collent au plus près du langage parlé, les mots sont souvent écorchés, les discours se confondent. ….Ce sont les bas-fonds du Berlin des années 1920 qui défilent sous nos yeux. La lecture n’est pas facile. Elle en devient presque une épreuve physique. On repose le livre un peu perdu et exaspéré, mais on y revient toujours….

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La Libre Belgique du 22 juin 2009
Signé Jacques Franck

« …La réputation de Berlin Alexanderplatz est bien établie. ….Injustement moins connu des francophones que « A la recherche du temps perdu » ou « Ulysse » de Joyce, il se situe à leur niveau. Plus qu’un témoignage génial comme « Les Réprouvés » d’Ernst von Salomon, il est à soi-même une totalité romanesque, inclassable et inimitée….. »

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Le Figaro Littéraire du 25 juin 2009
Signé Yann Moix

« Un chef-d’œuvre raté »

« ….Berlin Alexanderplatz qui n’est pas un roman raté, n’est pas un chef-d’œuvre….Un grand roman est un grand roman ; un chef-d’œuvre est un chef-d’œuvre.

Döblin, certes, a de grands moments : sa description d’un rayon de soleil qui tape depuis des millénaires au même endroit…. ; une manière aussi d’inventer une biographie à de la fumée qui s’échappe d’un bistrot, son don pour passer, sans transition, du macroscopique (une foule) au microscopique ( la description des ovaires d’une femme de cette foule), des anonymes aux protagonistes principaux………

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